| . duet luca pianca vittorio
ghielmi,duo luca pianca vittorio ghielmi,luca pianca,vittorio
ghielmi,pianca,ghielmi,viola da gamba,lute,viole de gambe,luth,gambe,laute |
 |
Bagpipes
from Hell
Music for viola da gamba, lyra-viol and lute, ceterone
17th and 18th century |
Vittorio Ghielmi
Viola da gamba
(Michel Colichon, Paris 1688)
Lyra-viol
(Giovanni Grancino, Milano 1690) |
Luca
Pianca
Lute
(Luc Breton, Vaux sur Morges, 1990)
Ceterone
(Ugo Casalonga/Pigna-Corsica, 1996) |
Label:
Winter
& Winter 910-050-2
Recording: June 19 - 22, 1999, Villa Medici-Giulini, Briosco,
Italy
Total playing time: 57:45 min
|
|
Content |
|
| 1. |
THE BROWN HAIRED MAIDEN
Anonymous (17th century) |
 |
| 2. |
L'ARABESQUE
Marin Marais "L'Ange" (1656 - 1728) |
 |
| 3. |
LA
REVEUSE
Marin Marais "L'Ange" (1656 - 1728) |
|
| 4. |
LA
COUPERIN
Antoine Forqueray "Le Diable" (1672 - 1747) |
 |
| 5. |
BAGPIPES
Anonymous (17th century)
|
|
| 6. |
PRAELUDIUM
ET FUGA, ES-DUR
Silvius Leopold Weiss (1686 - 1750) |
 |
| 7. |
PRÉLUDE
Christopher Simson (1610 - 1669) |
 |
| 8. |
GROUND
DIVISIONS
Christopher Simson (1610 - 1669) |
|
| 9. |
LA
PARAZA
Marin Marais "L'Ange" (1656 - 1728) |
|
| 10. |
RONDEAU
Marin Marais "L'Ange" (1656 - 1728) |
 |
| 11. |
LE
CARILLON DE PASSY
Antoine Forqueray "Le Diable" (1672 - 1747) |
 |
| 12. |
LA
GIROUETTE
Antoine Forqueray "Le Diable" (1672 - 1747) |
|
| 13. |
LANCASHIRE
PIPES
Anonymous (17th century)
|
|
| 14. |
TWENTY
WAYS UPON THE BELLS
Thomas Robinson (1588 - 1610) |
|
| 15. |
PRAELUDIUM
ET FANTASIA, C-MOLL
Silvius Leopold Weiss (1686 - 1750) |
|
| 16. |
VIELLE
Monsieur de Sainte-Colombe (ca. 1700) |
|
| 17. |
LA DU VAUCEL
Jean-Baptiste Forqueray le fils (1699 - 1782) |
 |
|
|
|
|
If your system is not equipped with RealPlayer, you can download one
free of charge here: |
|
|
|
|
|
|
 |
Evolution theories can be equally applied to instruments.
Sooner or later every instrument was forced to face what Charles Darwin
called the "struggle for life". After enjoying popularity, the ever
changing circumstances - audience, halls, styles, taste - meant that some
instruments were replaced by others, either more powerful in sound or
simply more apt to meet the demands of the new music. That's how shawns,
clavichords or theorbos, once indispensable for the performance of certain
music, became later, as if swallowed by history, mere relics of the past.
The viola da gamba was an outstanding bowed string instrument for most of
the Renaissance and the Baroque eras. It was often used both in secular
and liturgical contexts, but it didn't survive the appearance of the
nucleus of what we consider now the modern orchestra or, on a smaller
scale, the modern string quartet. Viola da gamba was a perfect instrument
to double or to support the voices, to perform a continuo line, to join
some other instruments of its own family (the pieces for consort of viols
are one of the glories of the Renaissance and Baroque music), but by the
time when Bach was composing his Sixth Brandenburg Concerto, including two
viols, in the 1720's he was already writing for an instrument which had
definitely gone out of fashion. Viol's time was sadly over.
Before that, the viola da gamba enjoyed a magnificent splendour,
especially in France, England and Italy. Some incredible virtuosos, like
Diego Ortiz, Silvestro Ganassi, Marin Marais, Thobias Hume, Cristopher
Simpson (who wrote an influential treatise on the instrument), or both
Forquerays, were also prolific composers and it was largely his
responsibility to build up a repertory which exploits all the technical
and expressive possibilities of the instrument. Agile, subtle, polyphonic
- these three adjectives might aptly sum up three of the main virtues of
the viol.
Marais' or Forqueray's pieces, with their descriptive titles, are rich in
allusions not always easy to grasp for a modern listener but that never
deprives them of their immediate appeal; Simpson's music is technically
very demanding and his "Ground Divisions" are a brief summary of the
viol's technique and, not least, a breathtaking display of fantasy in the
classical form of variations upon an ostinato bass. Some anonymous pieces,
originally conceived for bagpipe, show us a completely new face when
performed by viol and lute. Baroque composers were also very fond of
writing pieces in which the viola da gamba assumed the personality of
other instruments, like bells or even the hurdy-gurdy (our recording
includes good examples of both Jekyll-Hyde transformations composed by
Antoine Forqueray and Monsieur de Sainte-Colombe). No success could have
been possible without the instrument's flexibility. For some decades the
viol was actually a world in small.
Vittorio Ghielmi and Luca Pianca both belong to the world-known Italian
Baroque ensemble "Il Giardino Armonico". Their performance of this unusual
programme - where no real bagpipe can be heard, but just two string
instruments moving from one fantastic scene to another - is full of the
freedom and sense of improvisation that demands this music. Luca Pianca
also performs on the lute a piece by Silvius Leopold Weiss, a strict
contemporary of Bach, and a composer whose genius is still far from being
fully recognized.
Luis Gago
© Winter&Winter |
|
Les grandes théories de l'évolution humaine peuvent
également être appliquées aux instruments de musique. La lutte pour la
survie, décrite par Charles Darwin, peut par exemple expliquer l'étonnant
parcours de certains instruments qui, d'incontournables qu'ils étaient,
furent éventuellement oubliés des compositeurs et du public. Les goûts,
les salles et les genres changeant, des instruments mieux adaptés aux
nouveaux besoins s'imposèrent à leur tour. C'est ainsi que le chalumeau,
le clavecin et le théorbe, qui furent à une certaine époque indispensables
à l'interprétation de certains genres musicaux, sont devenus peu à peu des
pièces de musées.
La viole de gambe s'imposa pendant la Renaissance et l'essentiel de la
période baroque. Autant utilisée dans les musiques séculaires que
liturgiques, elle était idéale pour suivre ou appuyer les voix, ou encore
pour jouer le continuo. Les morceaux pour plusieurs violes furent
dominants à partir de la Renaissance. Pourtant, la viole de gambe ne
résista pas à l'apparition de ce qui allait devenir l'orchestre moderne,
pas plus qu'à celle du quatuor à cordes. Dans les années 1720, alors que
Bach composait son 6e Concerto brandebourgeois, qui compte deux violes,
l'instrument était déjà démodé.
Pourtant, la viole de gambe avait pendant de nombreuses années émerveillé
les auditoires, notamment en France, en Italie et en Angleterre. Plusieurs
virtuoses, tels Diego Ortiz, Silvestro Ganassi, Marin Marais, Tobias Hume,
Christopher Simpson (qui consacra d'ailleurs à l'instrument un important
traité) et les deux Forqueray, furent aussi des compositeurs prolifiques
qui mirent en valeur la subtilité du son, les possibilités polyphoniques
et la souplesse de l'instrument. Cette nouvelle parution de l'étiquette
munichoise Winter & Winter propose un magnifique voyage dans l'univers
d'un instrument unique.
Les pièces de Marais et de Forqueray ici enregistrées sont remplies
d'allusions et de références que l'auditeur aura peut-être de la
difficulté à saisir. Cela n'amoindrit toutefois aucunement le plaisir
immédiat qu'il éprouvera à leur écoute. La musique de Simpson exige une
maîtrise particulièrement grande de la viole de gambe. Ses adivisions
terrestres en plus de constituer une sorte de résumé des possibilités
techniques de l'instrument, témoignent d'une appropriation fantaisiste de
la forme classique des variations suivant un ostinato. Certaines pièces
anonymes, écrites pour la cornemuse, dévoilent ici d'autres aspects,
jouées à la viole. Les compositeurs baroques aimaient bien confier à la
viole de gambe le rôle d'autres instruments, cloches ou orgue de barbarie,
par exemple. La viole de gambe constituait à elle seule un monde en
miniature et le présent enregistrement comporte des pièces d'Antoine
Forqueray ou de Sainte-Colombe qui illustrent bien la grande flexibilité
de cet instrument, à la fois Dr. Jekyll et Mr. Hyde.
Vittorio Ghielmi et Luca Pianca sont tous deux membres de l'ensemble
baroque bien connu Il Giardino Armonico. Ils nous proposent un programme
inhabituel : aucune cornemuse, malgré le titre, mais plutôt deux
instruments à cordes qui nous entraînent d'une scène fantastique à une
autre. Et ils gagnent sans difficulté leur pari osé. Les deux musiciens
abordent cette musique comme il se doit, avec liberté et un grand sens de
l'improvisation. Luca Pianca joue également à la luth une pièce de Silvius
Leopold Weiss, contemporain de Bach, dont le génie demeure malheureusement
toujours méconnu.
Luis Gago
© Winter&Winter |
|
 |
|
|
|
|